
{"id":431,"date":"2024-05-15T09:15:48","date_gmt":"2024-05-15T07:15:48","guid":{"rendered":"https:\/\/play-rugby.com\/?p=431"},"modified":"2025-05-27T13:15:40","modified_gmt":"2025-05-27T11:15:40","slug":"xv-les-fils-de-dans-lequipe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/2024\/05\/15\/xv-les-fils-de-dans-lequipe\/","title":{"rendered":"XV: Les Fils de&#8230;. dans l&#8217;Equipe&#8230;"},"content":{"rendered":"<div class=\"Article__paragraph Article__paragraph--text\" data-v-4bd82206=\"\">\n<div class=\"Paragraph\" data-v-1b208c60=\"\" data-v-4bd82206=\"\">\n<h1 style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.lequipe.fr\/Rugby\/Article\/Le-rugby-de-pere-en-fils-rouages-d-une-transmission\/1467643?xtor=EPR-608&amp;m_i=OguOVgZN43FCRIRpnio_EOEN5JStVd0Vqqmcxgho4oDOxyaIm6DPiPFYZ%2BnqGlaZ%2BICe_B2RUlNUSA2dbKsJSe1s4jMwKvzre8NBOu&amp;M_BT=26744858836961\"><strong>LISEZ L&#8217;ARTICLE DANS L&#8217;EQUIPE<\/strong><\/a><\/h1>\n<h2 class=\"article__title heading heading--2\">Le rugby de p\u00e8re en fils, rouages d&#8217;une transmission<\/h2>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-1b208c60=\"\">\u00catre fils de joueur de rugby, cela signifie avoir un stade tout entier pour terrain de jeu, une bonne vingtaine de grands gaillards comme baby-sitters, des histoires pleines de bourre-pifs et autres expressions rigolotes en guise de contes de f\u00e9es et, \u00e0 la place du dessin anim\u00e9 du dimanche, un match du\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lequipe.fr\/Rugby\/Tournoi-des-6-nations\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" type=\"[object Object]\">Tournoi des Six Nations<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"Article__paragraph\" data-v-4bd82206=\"\"><span style=\"font-size: 1.125rem;\"><strong>Antoine Erbani,<\/strong> fils de Dominique, 46 s\u00e9lections en \u00e9quipe de France, raconte avoir jou\u00e9 \u00e0 cache-cache tous les week-ends dans les tribunes du stade Armandie \u00e0 Agen, le club dont il est devenu capitaine, comme son p\u00e8re, en 2016.<\/span><\/div>\n<div class=\"Article__paragraph Article__paragraph--text\" data-v-4bd82206=\"\">\n<div class=\"Paragraph\" data-v-1b208c60=\"\" data-v-4bd82206=\"\">\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-1b208c60=\"\"><strong>Arnaud Costes<\/strong> (14 s\u00e9lections), fils de G\u00e9rard et p\u00e8re de Paul, champion du monde des moins de 20\u00a0ans l&#8217;an dernier, se souvient que son patriarche, devenu entra\u00eeneur de l&#8217;\u00e9quipe juniors de l&#8217;ASM, l&#8217;emmenait avec lui \u00e0 chaque d\u00e9placement quand il n&#8217;avait que 7\u00a0ans\u00a0:\u00a0<i>\u00ab\u00a0Dans le bus, je d\u00e9couvrais les chansons paillardes. Dans les vestiaires, l&#8217;odeur du camphre et le bruit des corps qui se pr\u00e9parent.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p><strong>Jean-Baptiste \u00c9lissalde<\/strong> (35 s\u00e9lections), fils de Jean-Pierre (5 s\u00e9lections), petit-fils d&#8217;Arnaud, bible du rugby rochelais, et de Laurent Bidart (1 s\u00e9lection), voit encore les peaux de mandarines qui virevoltaient sur la table familiale, \u00e0 l&#8217;heure du caf\u00e9, reproduisant la combinaison id\u00e9ale de trois-quarts de g\u00e9nie. \u00ab La g\u00e9n\u00e9tique ? Bof, je n&#8217;y crois pas trop, raconte l&#8217;ancien demi de m\u00eal\u00e9e. C&#8217;est plus le milieu dans lequel tu tombes. Tu \u00e9coutes, tu vois, tu sens et, sans que personne ne fasse rien pour cela, cela te rentre dans le cerveau. La v\u00e9rit\u00e9, c&#8217;est que des joueurs comme moi, les &#8220;fils de&#8221;, on a tap\u00e9 500 millions de fois plus dans un ballon, fait 500 millions de fois plus de passes qu&#8217;un enfant normal. \u00bb<\/p>\n<p>Il n&#8217;existe pas d&#8217;\u00e9tude \u00e0 ce sujet dans le rugby mais, en 2012, dans le cadre d&#8217;une th\u00e8se intitul\u00e9e R\u00e9ussite athl\u00e9tique et h\u00e9ritage sportif, qui traite des transmissions familiales dans l&#8217;engagement sportif intensif, les autrices Lucie Fort\u00e9 et Christine Menesson avaient constat\u00e9 que <strong>sur une population de 108 athl\u00e8tes de haut niveau fran\u00e7ais, plus de 70 % \u00e9taient des \u00ab h\u00e9ritiers \u00bb<\/strong>, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;au moins un de leurs parents avait pratiqu\u00e9 un sport assid\u00fbment.<\/p>\n<p>Pour \u00e9clairer ces filiations, la psychanalyste Sabine Callegari, qui a publi\u00e9 Dans la t\u00eate de Zidane (Nouveau Monde \u00c9ditions), cite Sigmund Freud : \u00ab Au regard d&#8217;un p\u00e8re, Dieu est bien peu de chose. \u00bb \u00ab Le fils fait du p\u00e8re son id\u00e9al, prolonge-t-elle, et quand le p\u00e8re est sportif, les traits caract\u00e9risant cet id\u00e9al se situent dans le champ du sport, autour du talent, de la force, de la pers\u00e9v\u00e9rance. Cette identification au p\u00e8re id\u00e9al cr\u00e9e une filiation tr\u00e8s forte, mais qui n&#8217;est pas unique au sport puisqu&#8217;on peut la retrouver dans des lign\u00e9es d&#8217;instituteurs, de m\u00e9decins autour du savoir, du d\u00e9vouement, du don&#8230; \u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">\u00ab Le rugby reste un sport familial. Il y a bien moins de licenci\u00e9s qu&#8217;au foot par exemple \u00bb<\/span><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p>Pourtant, en rugby, quand on essaie de dresser la liste de ces \u00ab fils de \u00bb, elle appara\u00eet vite interminable, peut-\u00eatre plus que dans d&#8217;autres disciplines, car, au-del\u00e0 des noms tr\u00e8s connus, des <strong>Ntamack, Roumat, Reti\u00e8re, Brennan, Costes, Lebel ou Graou,<\/strong> pour ne citer que des joueurs du Stade Toulousain (!), il y en a des dizaines d&#8217;autres, au patronyme moins connu.<\/p>\n<p>Hormis l&#8217;implantation r\u00e9gionale, qui favorise cette prolif\u00e9ration, \u00ab le rugby reste un sport familial, estime le troisi\u00e8me-ligne toulousain Alexandre Roumat, fils d&#8217;Olivier (62 s\u00e9lections). Il y a bien moins de licenci\u00e9s qu&#8217;au foot par exemple. \u00bb Didier Reti\u00e8re, ancien talonneur du Racing, entra\u00eeneur de l&#8217;\u00e9quipe de France de 2007 \u00e0 2011, p\u00e8re d&#8217;Arthur et Edgar, pense lui qu&#8217;il existe une sp\u00e9cificit\u00e9 du rugby, \u00ab un sport myst\u00e9rieux, le seul sport de combat collectif, qui n&#8217;est pas forc\u00e9ment simple d&#8217;acc\u00e8s. On y vient accompagn\u00e9, que ce soit par un parent, un copain, un \u00e9ducateur. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;est juste, estime Sabine Callegari, le rugby est porteur d&#8217;une dimension initiatique, comme ces ordres de chevalerie se distinguant par un blason, des vertus morales, une devise, et auxquels on acc\u00e9dait par l&#8217;adoubement. Pour un enfant, le rugby est un sport moins lisible que le football. Et baigner d&#8217;embl\u00e9e dans un milieu \u00e9clairant ces zones d&#8217;ombre que sont la touche ou la m\u00eal\u00e9e, expliquant le sens invisible de ce combat collectif, facilite certainement l&#8217;acc\u00e8s. Un enfant tout \u00e0 fait \u00e9tranger \u00e0 ce milieu pourrait-il y entrer seul ? Je ne sais pas. \u00bb<\/p>\n<p>Les jeunes joueurs dont il est question ici, les fr\u00e8res Ntamack, Damian Penaud, Paul Costes, Posolo Tuilagi, Martin Devergie ont tous suivi les traces de leurs p\u00e8res, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re. \u00ab Il y a les enfants tr\u00e8s demandeurs qui, d\u00e8s l&#8217;enfance, savent que le rugby sera leur vie, constate Alain Penaud, ancien ouvreur de Brive et de l&#8217;\u00e9quipe de France.<\/p>\n<p>Damian a mis une distance entre nous sur le plan rugbystique, d&#8217;abord parce que l&#8217;envie de jouer \u00e0 haut niveau lui est venue petit \u00e0 petit et aussi parce qu&#8217;il refusait l&#8217;\u00e9tiquette qu&#8217;on voulait lui mettre sur le dos \u00e0 Brive, parce qu&#8217;il \u00e9tait mon fils, que je n&#8217;\u00e9tais pas forc\u00e9ment parti en bons termes&#8230; Il y avait chez lui une volont\u00e9 de ne pas forc\u00e9ment me voir sur son dos, je l&#8217;ai laiss\u00e9 aborder le sport en totale autonomie. Ce sont ses \u00e9ducateurs qui lui ont appris le rugby qu&#8217;il pratique. C&#8217;est tr\u00e8s bien comme \u00e7a, il sait qu&#8217;on est pr\u00e9sents, son fr\u00e8re, sa m\u00e8re et moi s&#8217;il a besoin de nous. \u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">\u00ab On ne compare pas nos enfants. Chacun \u00e0 son parcours, sa vitesse de croissance \u00bb<\/span><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p>Dans d&#8217;autres familles, comme les Costes ou les Ntamack, les p\u00e8res \u00e9taient tr\u00e8s pr\u00e9sents, sollicit\u00e9s par leurs rejetons pour faire \u00ab encore des passes dans le jardin \u00bb, \u00ab travailler le c\u00f4t\u00e9 droit, puis le gauche, \u00e0 la main, au pied \u00bb, rigole Arnaud Costes. Chez les Ntamack, les jeux \u00e9taient multipli\u00e9s par deux, \u00c9mile, le papa aux 46 s\u00e9lections, faisant bosser Romain, d\u00e9sormais ouvreur reconnu de l&#8217;\u00e9quipe de France, et son jeune fr\u00e8re Th\u00e9o, 21 ans, un des espoirs du Stade Toulousain en troisi\u00e8me-ligne.<\/p>\n<p>Cette probl\u00e9matique de la fratrie ne s&#8217;est pas vraiment pos\u00e9e chez eux, les mots ayant \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s par leurs parents pour que chacun se sente unique. \u00ab On ne compare pas nos enfants, assure \u00c9mile, chacun a son parcours, sa vitesse de croissance, Th\u00e9o est bluff\u00e9 que son fr\u00e8re soit dans la lumi\u00e8re mais l&#8217;inverse est vrai aussi. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab La lutte pour l&#8217;amour du p\u00e8re est universelle, rendant tous les fr\u00e8res rivaux, consciemment ou inconsciemment, sourit Sabine Callegari. D&#8217;autant qu&#8217;il y a presque toujours un fr\u00e8re qui r\u00e9ussit mieux que l&#8217;autre. Mais l&#8217;avantage pour ces sportifs de haut niveau, c&#8217;est que ce drame \u00e9motionnel (oedipien, dit la psychanalyste) ne se joue pas seulement dans l&#8217;imaginaire mais sur un terrain bien r\u00e9el. Cela oblige \u00e0 r\u00e9soudre la question alors que certains hommes s&#8217;y d\u00e9battent toute leur vie. \u00bb<\/p>\n<p>Il est alors question de travail sur soi, de d\u00e9passement. Ces \u00ab fils de \u00bb doivent trouver leur mode d&#8217;expression au-del\u00e0 du p\u00e8re et du fr\u00e8re, s&#8217;\u00e9manciper pour vivre leur propre rapport au monde. Avec l&#8217;arriv\u00e9e de la pr\u00e9paration mentale dans le sport de haut niveau, assez r\u00e9cemment en rugby &#8211; l&#8217;\u00e9quipe de France ne fait appel \u00e0 des psychologues que depuis quatre ans -, cette phase est travers\u00e9e plus facilement.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a quelques ann\u00e9es, le rugby jouait beaucoup sur la puissance virile, presque archa\u00efque, d&#8217;un Chabal, par exemple, analyse Sabine Callegeri, les joueurs se placent aujourd&#8217;hui sur le terrain de l&#8217;accomplissement, sur le sens \u00e0 donner \u00e0 leur vie. \u00bb Il y a s\u00fbrement beaucoup de cela dans le d\u00e9tachement des joueurs \u00e9voqu\u00e9 par Philippe Spanghero, celui qu&#8217;il a lui-m\u00eame mis si longtemps \u00e0 trouver.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.lequipe.fr\/Rugby\/Article\/Le-rugby-de-pere-en-fils-rouages-d-une-transmission\/1467643?xtor=EPR-608&amp;m_i=OguOVgZN43FCRIRpnio_EOEN5JStVd0Vqqmcxgho4oDOxyaIm6DPiPFYZ%2BnqGlaZ%2BICe_B2RUlNUSA2dbKsJSe1s4jMwKvzre8NBOu&amp;M_BT=26744858836961\"><strong>LISEZ L&#8217;ARTICLE DANS L&#8217;EQUIPE<\/strong><\/a><\/h1>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le rugby pullule de \u00ab fils de \u00bb et les internationaux semblent s&#8217;y reproduire plus qu&#8217;ailleurs: un ph\u00e9nom\u00e8ne plus culturel que g\u00e9n\u00e9tique&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[38,35,31],"class_list":["post-431","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","tag-fils-de","tag-lequipe","tag-xv","comments-off"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/431","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=431"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/431\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":630,"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/431\/revisions\/630"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=431"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=431"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.play-rugby.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=431"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}